Alors que je commençais à tater mes clés, de peur de les avoir oubliées quelque part, perdues dans la rue, qu'elles aient été volées ou tout simplement disparues dans un vortex spatio-temporel, j'aperçus un ornement urbain peu banal.
Mes affaires étaient éparpillées sur la chaussée, évoquant une oeuvre d'un artiste contemporain quelconque, compris à titre posthume. Mes pulls étaient trempés de cette boue poussièreuse typiquement citadine, et j'en conclus que désormais, je ne devrai porter que des couleurs sombres. Levant la tête, je remarquai le plus chic de tous les lampadaires : le seul pouvant se permettre de porter un caleçon Dolce&Gabanna. J'esquissai alors un sourire, en commençant a composer le code de sécurité empêchant les riverains de rentrer chez eux.
En ouvrant la porte de mon appartement, j'aperçus mon chat, (que j'avais affectueusement nommé "Teckel") arrivant à toute vitesse, pour laisser ses poils et ses phéromones sur mon mollet, comme a l'accoutumée. Je le gratifiai d'une caresse qui le fit se cambrer dans un ronronnement satisfait, quand soudain elle arriva.
Splendide, emmitoufflée dans son peignoir en soie blanche, telle un samouraï se lançant dans la bataille en hurlant un kiaï, elle me nomma de divers noms plus ou moins polis, en prétendant que je n'avais rien à faire dans mon appartement. Tout ce que je voyais était ses yeux, virant du jaune au gris selon l'emplacement du soleil par rapport à ses pupilles, celles qui m'ont fait tout oublier la première fois que je l'ai vue. Elle semblait n'avoir aucune conscience de mes pensées, vu la dose massive de décibels qu'elle injectait dans mes oreilles. Je décidai donc de continuer ma route vers la chambre.
" Ou vas-tu comme ça ?
- J'ai vu qu'il manquait quelques affaires dans la rue, je vais les prendre..." Dis-je alors calmement, ce qui ne parut pas l'apaiser.
Tandis que je pénétrai dans la chambre, je surpris mon meilleur ami, enlevant son armure de plastique, un peu gêné par mon arrivée illégitime à mon domicile. Penaud, il ne savait pas vraiment quoi me dire, je débloquai la situation d'un "salut" amical, me retenant de lui serrer la main, de peur de sentir le latex le reste de la journée. Comme je l'avais prévu, ma désormais ex-femme n'avait pas su débrancher les câbles qui reliaient ma console à la télévision. J'exerçai une traction pour les désolidariser de cet énorme bout de technologie. Bel effort.
Les bras pleins, j'esquivais alors les sous-vêtements gisant ça et là pour m'esquiver au plus vite de cet appartement. Je n'y étais plus le bienvenu. Une dernière caresse au chat, un caleçon et un T-shirt ramassés sur le trottoir, et je me mis en route vers le domicile de Sophie, qui saurait sans doute m'héberger quelques temps.
P.S. : Merci à S'ra pour ses corrections avisées, j'avoue que ça a bien embelli le schmilblick :) ([Relou] Tu es comme une mère pour moi !!! [Relou])







Bande son: Sniper -
Je ne sais pas trop pourquoi, tous mes textes en ce moment sont un peu tragique, ça m'énerve...enfin bon. Je me suis dit que j'allais en mettre un ici. En fait avant, cliquez