





Je ne sais pas trop pourquoi, tous mes textes en ce moment sont un peu tragique, ça m'énerve...enfin bon. Je me suis dit que j'allais en mettre un ici. En fait avant, cliquez ici ( Waltz Op.64 n° 2 in C sharp minor)"Elle se promenait, faisant la conquête de Paris avec ses pas de fourmis .Il faisait nuit, les enseignes lumineuses clignotaient et se reflétaient dans son regard, la pluie suivait, et elle marchait, comme les gens avec leurs visages étrangers, impassibles, qui semblaient chacun scruter un point fixe à l'horizon... Mais parfois le sourire franc et innocent d'une petite fille rehaussait les coins de ses lèvres à elle, ceux de son sourire, qui auparavant vacillait timidement tel une petite flamme de bougie. Un, deux, trois, un deux, trois...elle voulait tourner encore et encore sur elle même jusqu'à ce que son centre de gravité se dérobe et la laisse tomber à terre, jusqu'à ce que son regard soit à hauteur du trottoir, face à face avec le sol. Ses habitudes de gamine timide mais délurée. Sa fougue fragile. Trop fragile. Elle allait faire son chemin, elle le savait. Des papillons dans son ventre, ils volaient : comme une petite fille qui va à la rencontre de son prince charmant imaginaire, elle partait pour la vie. L'heure du rendez-vous avec son destin avait sonné. Enfin accomplir ses rêves grandioses d'antan nichés quelque part derrières tout ce qu'on voyait d'elle. Tout ce que vous voyiez d'elle. Si vous saviez... Oui elle allait se battre, casser les murs, briser les barrières, monter, arriver à ce à quoi elle aspirait, dépasser ses limites.
Elle allait faire son chemin, elle me disait. Si vous saviez la joie de vivre qui l'animait, elle me rendait fou. Avec son charme, elle aurait entraîné n'importe qui dans son mouvement. Je l'aurais suivie dans son ascension, à ses cotés pour la relever au cas où. Mais elle a décidé de descendre seule. Elle voulait suivre sa route, elle me disait. La chute. Bientôt elle dépasserait le seuil du sol. Son souffle, ce souffle que moi seul au début, avait la chance de partager avec elle, ce souffle qui venait du fin fond de son être, celui qui emplissait la chambre et qui réveillait nos nuits, il s'en allait progressivement. Parfois euphorique puis soudain sombre et déchue, elle avait construit un mur de pierre autour d'elle. Nos jours et nos nuits mourraient, devenaient froids. Elle laissait mon feu brûler seul et je me consumais. Elle rentrait, à six heure du matin, les yeux injectés de sang et amorphe, se glissait dans les draps que je quittais. Son visage d'ange était écorché. Je restais à veiller, puis, travail oblige, partais. Rentrais du boulot à 19h00 et elle s'enfilait un rail de coke, peut-être le premier de la soirée. Puis elle parlait, elle parlait, euphorique, elle était la meilleure, elle allait s'élever au dessus de tout, elle allait découvrir sa vraie nature, se hisser hors de ce monde. Son rire, un poignard tranchant, frappait quiquonque lui attachait de l'importance. Il avait déjà perdu sa substance, bientôt il ne serait plus.
Arrivé devant l'immeuble à 19h00, elle avait consommé son dernier rail. Étendue sur le trottoirs,inanimée, la position étrange de ses membres, l'ambulance dont les lumières clignotaient. A part cela, rien n'avait changé. Les gens marchaient toujours en fixant le vide, peut-être encore des petites filles souriaient. Le monde dont elle s'était extirpée l'ignorait, continuait. Cruel. Ils l'ont emportée. Ne sais pas où elle est. Partie définitivement sans rien me dire. Entame un cinquième rail. Perdue."
Voilà. En espérant que vous êtes encore là...
S'ra
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