





Bande son: Sniper - Du rire aux larmes "Il vivait prés de Paris, était doué d'une intelligence hors du commun. Le genre de gars qui peut tout apprendre tout seul, le genre de génie autodidacte et créatif. Il n'était pas comme les autres qui apprenaient leurs cours par coeur et restituaient cela les jours d'examen. Chez lui, tout partait d'une véritable réflexion, les systèmes il ne les apprenait pas, il les pensait. Et il lisait énormément, Dante, Nietzsche, Sweig, Hesse... Tout ce qui lui passait sous la main. Ses notes, depuis qu'il était tout jeune, avaient toujours été très irrégulières. Il était capable d'être en tête, mais cela ne l'intéressait pas, et l'enseignement donné ne lui convenait pas. Il était fait pour apprendre seul, sans n'avoir à rendre de compte à personne, il était fait pour apprendre seul le soir avec sa petite lampe allumé dans sa chambre alors que la famille dormait. A part. Il était à part. Le lycée, il n'aimait pas, quelque chose le séparait des autres. Peut-être n'avait-il pas la même perception des choses et que cela l'isolait. En troisième tout ses amis avaient délaissé les cours, certains pour gagner leurs vie en travaillant, d'autres pour rester dans leurs cages d'escalier et se faire de la maille par d'autre activités. Le lycée était trop éloigné de sa vie en faite. Il n'est pas allé jusqu'au bout. L'année du bac, il n'est plus allé en cours, il a rejoint les siens avec qui il avait toujours tout partagé. Des enfants qui se destinaient à finir précocement entre quatre murs.
Je ne savais pas trop ce qu'il faisait de tout ses jours. Zoner avec ses frères, s'enfiler spliff sur spliff en sachant que « demain c'est loin ». Il venait dormir à la maison la journée, et après on ne le voyait plus. Partir à la dérive. Cela me faisait mal de voir ça, il aurait pu... Je n'ai rien fait. Plus j'y pense et plus j'ai la rage. Certains gens passent leurs vie à se la gâcher. Peut-être qu'au final, il avait tout compris de la vie. Aujourd'hui je pleure, demain je ris, sans jamais cesser de penser à lui. Mon rire n'a aucune saveur ici quand lui est là-bas. Fleury Mérogis. Cinq ans comme cent ans. Cinq ans dans un univers parallèle. Alors qu'à l'extérieur la vie continue. Même la mienne...
C'était l'année dernière, j'étais en première année de fac, je rentrai à la maison. Des voitures, des sirènes, du bleu, du blanc, du rouge, police. Il y a trop de voitures pour que ce soit un simple contrôle. Ouais d'habitude ils rôdent ici pour redemander leurs papiers à des jeunes qu'ils connaissent déjà. Gardes à vue, provocations. On fait la loi ici. Et à la fin du mois on est payés un peu plus que le SMIC. Faut bien qu'on trouve quelques compensations... Mais cette fois-ci, il y a de l'agitation dans l'air. Chaque pas m'approche de l'entrée. Et je le vois. Dire à ma mère en pleurs de ne pas s'inquiéter,regarder par terre, entre deux agents de police, menottes aux mains. Après la garde à vue, il attendra le jour du jugement derrière des barreaux. Le tribunal donnera son verdict : 5 ans de rétention. Aujourd'hui il faut donner l'exemple et débarrasser la France de sa racaille, au Karcher s'il le faut. Les pleurs de Maman. Il nous regarde une dernière fois, pas trop longtemps pour ne pas craquer.
Aujourd'hui, j'attends la prochaine visite au parloir, celle qui va me broyer le coeur à la sortie. Lui montrer, que dehors, les siens sont là, dehors les siens l'attendent.
Attendre."
S'ra
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Que dire... si ce n'est que j'espère que ce n'est pas du vécu... pour moi ça l'est et c'est pas un de mes meilleurs souvenir... :'(
Bravo miss.
bone continuation.