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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 13:44

                Un poignard dans le noir à un cheveu de mon bras. Je me cache sous la table de la taverne, prêt au combat. Rien à l'horizon, pourtant je sens leur présence, je décide alors de me ruer hors de la taverne par le grenier, fuyant par le toit. Des carreaux d'arbalète sifflent en frôlant mes oreilles tandis que je cours dans les ruelles sombres de la cité de Stormwind. Me glissant dans les ombres, j'observe ceux qui me traquent. Une bande de cinq hommes moustachus, tous en salopette rouge, avec un drôle d'accent italien. Lorsque l'un d'eux s'isole (alors que les quatre autres lancent bruyamment un "let's-a-go"), je lui tranche la gorge, me permettant de continuer ma fuite vers le vieux port ou je devais prendre un bateau pour partir vers l'île elfe. Au détour d'une rue, je croise Monica Bellucci qui s'approche doucement de moi et me sussure à l'oreille : "réveille-toi mon loup, tu vas être en retard pour tes cours !"

                J'ouvre alors les yeux, aveuglé par la lueur matinale, et je discerne les formes de Sophie, me tendant une tasse de café chaud, un sourire moqueur aux lèvres. Faut vraiment que j'arrête les jeux vidéos, moi. Après avoir effectué ma toilette d'usage, je dévorai une brioche, posée sur la table de la salle à manger, puis m'engouffrai dans la bouche de métro, direction : La Sorbonne, où j'enseignais à des premières années de licence.
                Il me semble que les élèves aimaient bien mon enseignement philosophique. Beaucoup venaient parler avec moi à la fin des cours, pour débattre sur les questions soulevées lors de mes cours. C'était lors de ces heures que je me sentais vivant. Peu éxubérant au quotidien, je dévoilais une face cachée de ma personnalité, sautant, virevoltant, riant, et faisant rire à chaque trait d'esprit, j'étais méconnaissable. Seuls mes élèves me connaissaient sous ce jour.

                Ce jour-là, une élève vint me voir après le cours, penaude, attendant discrètement que le reste de la classe soit partie pour venir m'aborder. Je pensai tout d'abord qu'elle était venue pour me demander une précision sur le prochain examen, mais son teint rougisseant et ses yeux remplis de larmes m'indiquèrent qu'elle ne voulait pas en savoir plus sur les courants de pensée européens d'entre les deux guerres. Ne sachant pas quoi dire, je lui laissai l'initiative. Ce qu'elle me conta me laissa bouche bée et abasourdi, et, flanchant l'espace de quelques secondes, je dûs me rattraper à mon bureau en catastrophe, évitant de basculer, tout comme la vie de cette jeune fille; Ophélie. Son petit ami l'avait laissée en plan, lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle était enceinte. Ses parents, catholiques ultra-conservateurs, l'éjèctèrent de leur domicile, en raison de sa décision d'avorter. Elle n'avait plus nulle part où aller, pas vraiment d'amis, ce qui pour elle, était une raison suffisante pour venir me voir. Elle m'expliqua que je lui inspirais confiance, et qu'elle espérait que je puisse l'aider.
                A vrai dire, j'étais coincé. Mon tempérament de bon samaritain me hurlait de lui prêter main-forte, mais quelque part au fond de moi, je savais que je ne devais pas le faire. Cette jeune fille ne pouvait que m'attirer des emmerdes. Je le savais. Pour y réfléchir à tête reposée, je lui proposai d'aller boire quelque chose de chaud au café du coin.
                Tandis qu'elle me contait encore une fois son histoire, de sa belle voix hachée par les sanglots, je pris le temps de l'observer. Quoique formatée par la mode actuelle, ses cheuveux blonds aux racines brunes avaient leur charme. Ses traits fins mettaient en valeur sa bouche fine et ses yeux sombres pleins de larmes. Elle était belle comme une lumière sous la pluie, Ophélie. Exactement ce qu'il ne me fallait pas. Je ne devais pas. Quoiqu'il se passe, je ne devais pas le faire. Surtout pas.

                  Lorsqu'elle stoppa son monologue en me regardant d'un air ahuri, je remarquai que quelque chose vibrait violemment dans ma poche avec un tintement de clés et un bruit strident. C'était Sophie, qui m'appâtait chez elle avec le menu du dîner. Elle cuisinait très bien, et connaissait mon amour inconditionnel pour les petits plats mijotés. Elle savait qu'aussitôt le menu énoncé, je me ruerai chez elle dans les cinq minutes suivantes. Elle remarqua à mon timbre de voix que quelque chose me retenait. Je lui expliquai alors la situation, et les déboires de la jeune fille. Sa réaction me sidéra :
                   "Ben dis-lui de venir, mon loup ! On ne va pas la laisser à la rue non ?
-Euh... Ben... Euh..."
Les négociations étaient terminées. Elle les avait gagnées haut-la-main, la bougre. Après avoir reglé l'addition, je m'engouffrai avec Ophélie et mes questions dans la bouche de métro. "Mais pourquoi ? Pourquoi je ne la laisserai pas ? Pourquoi je ne l'amènerai pas chez ses parents ? Pourquoi je ne l'amènerai pas à la DDASS ? Pourquoi pas chez Alexia ? Pourquoi pas..." Mais je savais que rien de tout cela n'était réalisable. Au moment où je composai le code de la porte de l'immeuble de Sophie, je sûs que les dés étaient lancés.
Par ToasT - Publié dans : hybride
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Commentaires

Bon voila, alors à partir de la, l'histoire commence. Je vous préviens, ça va limite être de la série Z, mais ça m'amuse beaucoup. Et de toute façon, si ça vous plaît pas, ben ... Je vais faire d'autres articles :)
Commentaire n°1 posté par ToasT le 25/01/2007 à 23h56
g connu infiniment pire!!! C'est bien, continue!
Commentaire n°2 posté par seb le 26/01/2007 à 00h46
1) Sale geek !!!

2)On se demande pourquoi la salope se nomme Alexia

3)Ophélie !!! Non mais t'as pas trouvé plus moche !!!

4)Il y a des répétitions un peu lourde ça et là... A moins que ce soit une référence à American Psycho mais j'en doute...

5) Non sincérement : c'est joliment écrit !!
Commentaire n°3 posté par gpopov le 26/01/2007 à 12h17
Euh pour les répétitions, je vois pas trop si tu parles des répétitions entre les épisodes ou a l'intérieur d'un épisode. En tout cas, j'essayerai d'en faire moins =)
Commentaire n°4 posté par ToasT le 29/01/2007 à 00h42

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